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Tunisie : que reproche la justice à Rached Ghannouchi ?

Face à la justice pour plusieurs chefs d’accusation, le patron d’Ennahdha Rached Ghannouchi est libre. Mais une véritable bataille judiciaire débute pour lui…

On pensait que l’avenir de Rached Ghannouchi se jouerait sur le terrain politique, avec un bras de fer intense avec Kaïs Saïed. Le président de la République voulait en effet en finir avec le chef de l’Assemblée des représentants du peuple, qu’il avait dissoute le 30 mars dernier. Le chef de l’État a engagé une bataille contre Ennahdha, pour tenter d’en finir avec le parti islamiste. Mais disposant d’une base solide, Rached Ghannouchi a passé ces derniers mois à contester la politique du président.

Mais c’est une autre bataille qui débute, en ce moment, pour le patron d’Ennahdha. Ghannouchi devait en effet initialement se présenter le 21 septembre devant le pôle judiciaire antiterroriste. Après douze heures d’audition dans « des conditions inhumaines », selon Abdellatif Mekki, le patron d’Ennahdha est ressorti de façon victorieuse, après un report.

Le leader islamiste a affirmé à ses partisans qui l’attendaient dehors que le dossier était entièrement vide. La méthode pose en tout cas question : l’ex-président de l’Assemblée, âgé de 81 ans, a été laissé en attente dans les locaux de l’unité policière.

« Ils essaient d’accuser Ennahda de terrorisme »

Il est reproché à Rached Ghannouchi l’envoi présumé de djihadistes en Syrie, en Libye ou encore en Irak, dans la Tunisie post-2011. Également dirigeant d’Ennahdha, l’ex-Premier ministre Ali Laarayedh a lui aussi été interrogé dans ce même dossier. Comme Ghannouchi, l’ancien pensionnaire de la Kasbah a été maintenu en détention et devait être déféré devant un juge au pôle judiciaire antiterroriste.

Renvoyé chez lui, après que le report de son audition a été décidé, Ghannouchi affirme à propos du président et de son entourage : « Ils n’ont pas été en mesure d’affronter un opposant politique majeur en liberté par le biais des urnes. Ils ont donc essayé d’accuser Ennahda de terrorisme ». La sortie, tout sourire, du tribunal ressemble à une première victoire.

Mais l’homme doit faire face à d’autres accusations, notamment celle de blanchiment d’argent, de corruption ou encore de financements étrangers. Ennahdha déplore des accusations « fabriquées » et estime que le président tente de faire diversion des « préoccupations économiques et sociales et de la dégradation des conditions de vie » des Tunisiens.

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