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Kenya : fin des mesures sanitaires strictes, finances anéanties

Après une déferlante de protestations, le président kényan Uhuru Kenyatta a enfin assoupli les mesures sanitaires. Le récent couvre-feu au Kenya était le plus strict depuis l’avènement de la Covid-19, et dans l’histoire du pays.

Le président Kenyatta a annoncé l’atténuation des modalités du couvre-feu sévère adopté le 26 mars, lors d’un discours prononcé le 1er mai. En effet, le couvre-feu devait durer un an, en raison d’un pic de décès dans la capitale Nairobi. Toutefois, les autorités ont marqué une baisse de 72 % des nouveaux cas de coronavirus au Kenya, d’où la décision du président.

D’ailleurs, le couvre-feu a eu des effets économiques dévastateurs au Kenya. Entre la fermeture des restaurants et des écoles, et l’interdiction de déplacement sans motif urgent, l’économie kényane était au point mort. De plus, le syndicat des médecins a déclaré que les services de soins intensifs étaient surchargés en raison d’une augmentation insolite du nombre de patients hospitalisés. Le Kenya a confirmé plus de 150 000 cas de Covid-19 et 2473 décès.

Entre le ridicule et la forces des choses

Néanmoins, ce n’est qu’après que plusieurs pays aient fermé leurs frontières au kenyans que le gouvernement a commencé à prendre en considération les revendications populaires. Des images extrêmes ont fait le tour des réseaux sociaux. En l’occurrence celles des longues files de voitures bloquées dans les autoroutes. Selon les internautes et les médias, la police aurait bloqué les routes tous les soirs à l’heure du couvre-feu. Les forces de sécurité ont ordonné aux conducteurs de rester dans leurs véhicules jusqu’à 4 heures du matin, à plusieurs reprises.

Cependant, les autorités ont défendu ces pratiques radicales en soulignant que le taux de décès avait triplé pendant le mois de mars. Le nombre d’infectés a connu la même évolution, passant d’un cas par 100 000 personnes le 11 mars à 2,3, le 25 mars.

Le gouvernement kenyan a aussi essuyé un tollé général auprès des sociétés internationales. Par exemple, une société italienne, la CMC di Ravenna, a porté plainte contre les autorités Kenyanes. Ces dernières auraient arrêté deux projets de barrages que la CMC avait entrepris. Ce qui a causé 114 millions de dollars de dommages aux investisseurs. De plus, le déficit des recettes d’Etat a été si extrême, que le gouvernement comptait emprunter presque 2 milliards de dollars au FMI. Une décision difficile pour le Kenya qui entretenait des relations mitigées avec les instances financières mondiales.

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