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Depuis le Burkina Faso, l’étau se resserre autour de Iyad Ag Ghali

Iyad Ag Ghali

L’une des figures majeures de l’organisation terroriste GSIM, Tidiane Djbrilou Dicko, a été neutralisé après une frappe aérienne dans le nord du Burkina Faso. Dicko était l’un des lieutenants du chef de l’organisation, Iyad Ag Ghali.

Après « un travail de plusieurs mois des services de renseignements », l’armée du Burkina Faso a localisé et bombardé le représentant du groupe terroriste GSIM sur son territoire, Tidiane Dicko, ainsi que 11 autres combattants. La frappe aérienne a eu lieu dans la province de Soum jeudi dernier.

Dicko était le responsable de l’attentat de Silgadji début 2020, le premier dans cette province du nord burkinabè. L’attaque terroriste avait causé la mort de 39 civils. Le chef terroriste avait aussi attaqué trois convois militaires dans la région l’année dernière. Tidiane Djbrilou Dicko aurait également commandité et équipé Ali Tidjani et sa cellule, responsables de l’attentat de Solhan en juin 2021, le pire de l’Histoire du Burkina Faso – 160 morts.

Une nouvelle qui devrait mettre encore plus de pression sur le chef de l’organisation, Iyad Ag Ghali. Le chef jihadiste, présent au Mali, échappe encore l’armée malienne. Depuis l’élimination de ses « concurrents », notamment le chef de l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) Adnane Walid al-Sahraoui, Ag Ghali est sans doute la première cible terroriste au Sahel, et en Afrique plus généralement.

Iyad Ag Ghali, des négociations à la guerre à outrance

Le groupe GSIM a été à l’origine des récentes attaques au nord du Togo et du Bénin. Avant la chute de Bah N’Daw et Moctar Ouane au Mali, Iyad Ag Ghali tentait de négocier une amnistie avec le gouvernement malien. Au Burkina Faso également, où des représentants de la Katiba Macina (affiliée au GSIM) négociaient une trêve avec le gouvernement Dabiré.

Toutefois, les coups d’Etat successifs au Mali, puis au Burkina Faso, ont provoqué d’abord un retour des affrontements entre ces groupes terroristes et les forces françaises de Barkhane, puis un retour des violences terroristes visant l’Etat, dans les deux pays sahéliens.

Etrange lorsqu’on se rappelle que la propagande de tous ces groupes relevait surtout de leur hostilité envers la présence française. Dans un communiqué du GSIM, après une attaque contre un convoi de Barkhane au Mali, on peut lire que « la France paye le prix de son arrogance et de son occupation (du Mali, ndlr). (…) Le GSIM a décidé d’alarmer les musulmans à la nécessité du djihad contre la France ». Mais maintenant que les forces françaises et occidentales en général quittent le Mali, et sont inactives au Burkina Faso depuis des mois, pourquoi ce groupe terroriste attaque-t-il encore l’armée et les civils africains ?

Pour le chercheur Guillaume Soto-Mayor, auteur de « Djihadistes en Afrique : des hors-la-loi sans religion », s’il est vrai que le GSIM, et les groupes affiliés à al-Qaïda en général, naissent surtout de mouvements rebelles, leur condamnation des violences de l’Etat islamique leur a valu d’être qualifiés d’apostats par les « organisations terroristes rivales ».

Peut-être est-il donc que Iyad Ag Ghali cherche aujourd’hui à s’attirer les faveurs des combattants de l’EIGS et l’EIAO dans sa zone d’influence. Reste à savoir,quelle sera la réaction des chefs d’Etat des pays concernés, Assimi Goïta et Paul-Henri Damiba.

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